Tu as un microcontrôleur, un Raspberry Pi ou un Arduino. Tu souhaites l'utiliser pour piloter une lampe, un élément chauffant ou un moteur fonctionnant en 230 V. Le signal de commande est de 3,3 V ou 5 V. Un fossé sépare ces deux mondes — et tu as besoin d'un composant pour le combler.

Deux options s'offrent à toi : un relais ou un triac. Tous deux permettent d'allumer ou d'éteindre une charge AC à partir d'un signal de commande basse puissance. Cependant, leur manière de fonctionner diffère fondamentalement.

Relais vs triac : comparaison de la commande AC depuis un microcontrôleur

Le relais : mécanique mais fiable

Un relais est un interrupteur électromécanique. Le côté commande (bobine) et le côté commutation (contact) sont totalement isolés électriquement l'un de l'autre — l'isolation galvanique est intégrée.

Avantages

  • Entièrement isolé sans composants supplémentaires
  • Commute tout type de charge : résistive, inductive, capacitive
  • Aucune perte de tension ni de courant aux bornes du contact à l'état fermé

Limites

  • Usure mécanique — nombre de cycles de commutation limité (généralement 100 000 à 1 000 000)
  • Plus lent qu'un semi-conducteur — fréquence de commutation limitée à quelques dizaines de Hz
  • Nécessite plus de courant pour exciter la bobine

Le G2RL d'Omron est un relais pour circuit imprimé au format compact. Il s'intègre facilement dans tes circuits faits maison sur des pas de grille standards.

Le triac : rapide, silencieux et sans usure

Un triac est un composant semi-conducteur sans aucune pièce mobile. Il conduit le courant dans les deux sens dès qu'il est déclenché par sa gâchette (gate), et s'arrête dès que le courant passe par zéro.

Avantages

  • Pas d'usure — nombre de cycles de commutation pratiquement illimité
  • Vitesse de commutation élevée — adapté à la commande par angle de phase (gradation, contrôle de vitesse)
  • Compact, sans pièces mobiles, sans rebond de contact

Limites

  • Pas d'isolation galvanique intégrée — nécessite un optocoupleur ou un driver MOC3xxx
  • Une légère chute de tension en conduction entraîne un échauffement lors de courants élevés
  • Sensible aux parasites (dV/dt) — un circuit snubber (circuit d'aide à la commutation) est souvent nécessaire

Le BTB16 supporte un courant de 16 A et une tension de blocage de 600 V, ce qui le rend idéal pour les charges lourdes comme les éléments chauffants et les moteurs.

Quand choisir quoi ?

SituationChoix
Commutation marche/arrêt, peu de cyclesRelais
Fonctionnement silencieux requisTriac
Charges inductives (moteurs)Relais
Gradation ou commande par angle de phaseTriac
Isolation complète sans composants requisRelais
Fréquence de commutation élevéeTriac
Environnement humide ou soumis aux vibrationsTriac

Piloter depuis un microcontrôleur : attention à l'isolation

Avec un relais, tu as besoin d'un transistor pour commuter le courant de la bobine, ainsi que d'une diode de roue libre aux bornes de la bobine pour absorber les pics de tension.

Avec un triac, tu dois impérativement utiliser un optocoupleur ou un driver de triac (comme le MOC3021 ou le MOC3041) pour commander la gâchette. Sans cette séparation, la tension secteur se retrouve directement connectée à ton microcontrôleur — ce qui est extrêmement dangereux.

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